Alcoolisation fœtale

Le phénomène d’alcoolisation fœtale touche 1,3 ‰ des bébés qui naissent en France. La consommation d’alcool à toutes les phases de la grossesse représente des risques pour le fœtus. Ces risques allant de malformation physique aux troubles mentaux et comportementaux sont communément causés par les boissons alcoolisées toutes catégories confondues. Des traitements et programmes d’assistance sont mis au point pour les patients. Néanmoins, l’abstinence d’alcool est la meilleure solution.  

Comment définir l’alcoolisation des fœtus et qu’est-ce qui la provoque?

L’alcoolisation fœtale n’est autre que le fait d’exposer le fœtus à tous les méfaits de l’alcool. Un fœtus en développement est en effet en relation étroite avec sa mère porteuse. Toute boisson consommée à ce moment-là atteindra l’organisme du fœtus à travers le cordon ombilical. 

Les bières, les vins, les liqueurs, les cidres, les spiritueux, les apéritifs, les punchs entre autres peuvent provoquer l’alcoolisation fœtale. L’alcool ira perturber le développement physique du fœtus pendant la grossesse; à la naissance du bébé, des troubles mentaux et comportementaux suivront, et ce, jusqu’à sa vie d’adulte. Certes, tous les fœtus n’auront pas les mêmes réactions en présence de l’alcool. 

Cependant, le meilleur moyen pour éviter les risques d’alcoolisation est l’abstinence à tout moment. Une mère en gestation et une femme qui souhaitent concevoir devraient se tenir loin des boissons alcoolisées. De cette manière, les risques de troubles physiques et cognitifs qui détruiront à jamais la vie de leur enfant, peuvent être réduits au minimum. 

Quels sont les troubles dûs à l’alcoolisation fœtale?

Les troubles que la consommation d’alcool cause au fœtus sont d’ordre physique, mental et comportemental :

  • Troubles physiques

Étant toxique, l’alcool peut causer des dommages tant sur les organes que sur les systèmes du fœtus. Il peut lui causer des malformations des membres et des os. Elles apparaissent sous forme de retard de croissance, de l’absence d’un ou des orteils, des mains ou pieds en griffes ou encore des ongles difformes. 

La malformation des os crâniens et l’anomalie des traits du visage se produisent fréquemment. À titre d’information, le sillon entre le nez et la lèvre supérieure peut disparaître ; la voile du palais du souffrant peut comporter une fissure. On peut également assister à des mâchoires handicapées, des dents en chevauchement les unes sur les autres et des gencives déviées.

La langue peut être atteinte de dysfonctionnement ainsi que le larynx. Des difficultés respiratoires en résulteront. La malformation d’organes n’est pas à écarter. D’où les lésions cérébrales, cardiaques, hépatiques ou encore rénales. En effet, les reins peuvent être absents ou mal posés. Le cœur peut se présenter avec une oreillette malformée. 

Le système immunitaire de l’enfant victime de l’alcoolisation fœtale présente des troubles permanents. Ces derniers se traduisent par des réactions allergiques. L’alcool peut nuire à la vue et à l’ouïe du bébé victime d’alcoolisation fœtale. Il peut être peu sensible ou hypersensible aux sons, à la lumière, au toucher ou aux odeurs.

   

  • Troubles mentaux et d’apprentissage

Les lésions cérébrales se manifestent par une tête ou un cerveau anormalement de petite taille. Elles entraînent logiquement des anomalies cognitives et des crises convulsives. Sa capacité langagière pourrait être affectée. On constate un retard dans l’apprentissage de la parole et des difficultés d’élocution. 

Le patient se présente avec des troubles de l’attention et de la mémoire. En effet, les sollicitations sensorielles ou émotives ou encore externes lui font perdre facilement la concentration. Sa capacité de mémorisation restreint sa compréhension et son vocabulaire. En effet, 80 % des enfants souffrant de l’alcoolisation fœtale sont hyperactifs.

Le patient, une fois devenu grand, aura des difficultés à traiter des informations auditives. Il ne sera pas capable d’effectuer rapidement des travaux intellectuels (des calculs mentaux par exemple). Il a du mal à écouter, comprendre et donc à traduire ce qu’il vient d’entendre. 

Les lésions au niveau du cerveau pourraient créer des difficultés à comprendre et à mettre en pratique des concepts abstraits et complexes. Cela s’explique par son quotient intellectuel inférieur par rapport à la moyenne. Il pourrait être victime de troubles moteurs, de troubles d’équilibre et de coordination ou de tremblements. 

  • Troubles de comportement

Les lésions entraînées par l’alcool au niveau du cerveau provoquent des comportements peu sociaux chez le patient. À l’école, il peut devenir un grand perturbateur et un adolescent difficile à gérer. Il n’arrive pas non plus à saisir le sens des indices sociaux et de la vie sociale. 

En effet, il est imprévisible dans ses comportements; il se vexe facilement et se laisse gagner par ses émotions. Il est résistant au changement, a du mal à passer d’un contexte à un autre. Il lui est difficile de vivre une période de transition. Il a également du mal à assumer les conséquences de ses actes ou à deviner ceux des autres. 

D’une manière générale, le patient n’a pas atteint une maturité sociale. Le patient peut évoluer mal, une fois l’âge adulte atteint. Il pourrait devenir toxicomane ou alcoolique comme sa génératrice. Il pourrait avoir du mal à se soumettre aux autorités légales. Il pourrait être porté par un penchant naturel pour les actes criminels et les comportements sexuels peu ordinaires.

Enfin, le patient n’arrivera pas à se contrôler pour ne pas commettre les mêmes erreurs. Il a du mal à garder le même travail pendant longtemps. S’intégrer dans un cadre professionnel quelconque lui est difficile. Il adoptera une attitude rebelle contre les autorités de son employeur. D’où il ne peut pas vivre de façon autonome. 

Comment traiter les syndromes de l’alcoolisation des fœtus ?

Des traitements spécifiques pour chaque anomalie ou trouble du SAF ou syndrome de l’alcoolisation fœtale sont disponibles aujourd’hui. L’ergothérapie est conçue pour la réinsertion facile du patient dans le milieu professionnel. L’orthophonie va aussi aider ceux qui ont des troubles de langage et de parole. Des médicaments sont également utilisés pour alléger les SAF chez le patient. 

D’autres formes de thérapies et de pédagogie sont aussi mises au point pour toujours faciliter la vie des victimes de l’alcoolisation fœtale. Les parents du patient peuvent aussi suivre des formations pour contribuer à son éducation curative ou soin mental. Des procédés plus modernes comme la méditation, la psychothérapie de créativité font désormais aussi partie des traitements du SAF.

Quels sont les facteurs réduisant les SAF ou syndrome de l’alcoolisation fœtale ?

Certaines dérives de comportements peuvent être allégées, voire corrigées par des facteurs comme un foyer stable où le patient ne subira pas de mauvais traitement. Ce sera alors un milieu motivant pour l’enfant souffrant ; son évolution en personne stable et autonome s’y produira malgré ses faiblesses mentales et physiques. 

Les parents ou la mère du patient pourraient rester des accros à l’alcool. Il doit être maintenu au sein d’une même bonne famille adoptive pour mieux gérer ses difficultés et avoir une meilleure vie. On peut aussi se fier aux services pour des personnes victimes de déficience de développement.

L’admission chez des écoles spécialisées pour les victimes de SAF et le diagnostic précoce du SAF permettent de limiter les dégâts ou risques secondaires encourus. En effet, certains des troubles comportementaux cités dans les paragraphes précédents font partie des effets secondaires du SAF. L’enfant souffrant ne doit pas forcément finir en pervers sexuel ou toxicomane s’il a été confié à temps à des éducateurs appropriés.